Il est 6 h, le soleil se lève, on entend les chevaux et les autruches qui se réveillent. J’enfile mes bottes de pluie et je vais nourrir les animaux. Comme chaque matin, je dois ranger tous les box, nettoyer les chevaux et les autruches un par un. Cette nuit, une autruche est morte, elle devait être vendue à un voisin qui n’avait plus assez d’argent pour entretenir son cheval. C’était un gentil homme, faute de moyens, il avait construit lui-même sa maison en terre crue, mais à cause de la montée des eaux, sa maison s’était effondrée. Je vais alors devoir lui annoncer la mauvaise nouvelle lorsqu’il viendra. Plus de maison, plus de cheval, plus d’autruche, il n’a plus rien, il ne peut plus aller travailler. Sans le ratio d’insecte, il ne mangera rien. L’idée de le laisser repartir seul, sans son cheval, sans autruche, à devoir marcher dans cette eau pleine d’algues me fend le cœur. Alors j’ai décidé de lui proposer de travailler un temps pour moi, juste pour qu’il puisse se retourner.

Il va arriver, mais il me reste encore la moitié des chevaux à nettoyer et le box de son cheval à préparer. Finalement, c’est une bonne idée de l’engager, je n’y arriverai plus toute seule. Avec l’eau qui ne cesse de monter, la demande en autruches a explosé. Hautes, elles permettent de rester complètement au sec.

Je ne sais plus quoi faire de tous ces chevaux que l’on me rapporte, il ne m’est plus possible de m’occuper seule de chacun d’eux.