Aujourd’hui, la source d’électricité de mon logement s’est arrêtée. Un bruit soudain de craquement électrique et les luminaires LED haute technologie reproduisant un ciel d’été se sont éteints. Ma famille et moi nous sommes alors retrouvés plongés dans la réalité froide de cet après-midi d’automne. Nous habitons dans une maison dont les murs en terre crue offrent un environnement confortable et chaleureux lorsque les températures extérieures sont fraîches. Cependant, les fenêtres sont plus étroites afin de garantir l’intégrité structurelle du bâtiment. Le ciel artificiel créé par les LEDs permet donc de lutter contre la dépression hivernale qui peut survenir dans ce petit espace tamisé.

J’ai été la première à m’inquiéter, suspectant un dégât important sur les panneaux solaires, qui font également l’étanchéité du toit. Mon oncle a proposé d’aller dans les combles pour vérifier l’état des réseaux, mais j’ai préféré qu’il se repose. Ma grand-mère a allumé des bougies et je suis sortie inspecter l’état du bâtiment. Dehors, l’environnement était étrange. La moiteur ambiante était saisissante, étouffante, encore plus omniprésente qu’à l’ordinaire.

En inspectant les panneaux, j’ai constaté que l’odeur de moisissure s'accentuait, et j’ai compris que l’étanchéité était compromise, ce qui a probablement conduit à la panne. Il faudrait changer les réseaux. Pensive, je m'interrogeais : comment ces panneaux, neufs, et spécifiquement conçus pour être hermétiques, pouvaient-ils déjà être endommagés ?

Lorsque je repris mes esprits, je compris que la sensation étrange que me procurait l’environnement n’était pas uniquement due à l’humidité. Le silence ! Un silence pesant et inhabituel.

Les poules du jardin et les criquets sauvages, habituellement si bavards, étaient comme absents. La nature était silencieuse, inquiétante, comme en deuil d’une catastrophe n’ayant pas encore eu lieu.