Le mot des auteurs : " Nous dédicaçons cette nouvelle utopique aux futurs nous, dans l'espoir de voir notre nouvelle devenir une ébauche de la réalité de demain"
A l'aube du 25è siècle, pour faire face aux épisodes de famines qui commencent à toucher les pays les plus développés, les dirigeants de tout les pays du monde se réunirent en terre neutre et prirent la décision de faire rupture avec notre monde. Aujourd'hui encore, nous parlons de ce sommet mondial qui dura plus de 3 mois.
Dans un monde où la nourriture se fit cher dans les pays développés et rare voire inexistante dans d'autres, aucun citoyen de ce monde n'était à l'abri de la faim. Ce fut la problématique principale de ce sommet.
Dans ce contexte, nos dirigeants réussirent à se mettre d'accord sur l'objectif qui guidera l'Humanité pour les décennies à venir ; transformer notre monde pour que la faim disparaisse, que la sécurité alimentaire soit garantie pour chaque citoyen. Le tout doit se faire dans le respect de tous les êtres vivants. Humains, animaux, végétaux.
Aujourd'hui, le monde est dirigé démocratiquement par une assemblée mondiale constituée de tous les présidents de tous les pays, chaque année, l'un d'eux est chargé de la présidence de ce groupe. Aucun pays n'est plus important qu'un autre, tous y passent. Un autre pays est chargé de représenter la nature et la biodiversité, celui-ci change aussi régulièrement, cela permet de prendre en compte sur le long terme les priorités de chaque région du globe.
Pour revenir aux prémisses de l'impulsion de l'assemblée mondiale, il faut revenir des années en arrière à une petite échelle : à l'échelle de Marie-Camille.
Marie-Camille a toujours vécu en ville, dans les plus grands quartiers de la haute bourgeoisie française. Elle a toujours tout eu.
Un jour, assise dans le salon privé du restaurant Le Gourmet situé dans la rue Georges V à Paris et entourée de ses amis, habitués eux aussi à un grand confort de vie, Marie-Camille surprend une scène qui va changer sa vision des choses à tout jamais. La serveuse, qui venait tout juste de récupérer son assiette dans laquelle le reste de son canard confit à la truffe gisait encore par manque d'appétit de cette dernière, le glissa discrètement dans un petit sachet transparent avant de le dissimulé sous son tablier. Pourquoi avait-elle pris le reste de canard ? Ne craignait-elle pas de perdre son emploi si on venait à la surprendre ? Marie-Camille était troublée et s'interrogeait sur les motivations de cette femme à se rabaisser à un tel acte. Tandis qu'elle attendait Paul-Henri, son fiancé, elle vit la serveuse quitter le restaurant par la porte de service parfaitement dissimulée. Tourmentée, par toutes ses questions restées sans réponse, elle interpella la serveuse et lui demanda les raisons de son geste. La serveuse, Nicole, lui confia avec embarra qu'elle avait fait cela pour nourrir son fils de 5 ans avant de s'excuser et de supplier de ne rien dire. Touchée par la réaction de la jeune femme, Marie-Camille réalisa que tout le monde dans cette société n'a pas accès à la nourriture et que parfois certains prennent de gros risques pour assurer le repas de leur enfant... Dans la voiture, alors que Paul-Henri se plaint de la conduite pitoyable du conducteur devant eux, elle décida de mener une action pour permettre à tout le monde de manger à sa fin.
Ainsi, après cette altercation, elle décida d'investir une partie de son patrimoine dans la construction et l'institution d'une assemblée nationale autour de la problématique de l'aisance alimentaire pour tous. Rapidement cette assemblée nationale a muté en internationale coopérative. Cette coopérative est associé à l'Etat et peut agir à grande échelle avec un fort pouvoir économique.
Après 3 ans de lutte et d'engagement en faveur de la sécurité alimentaire pour tous, Marie-Camille réalise que le monde, dans lequel elle avait rencontré Nicole, n'a rien de l'actuel. Cette rencontre l'avait poussée à changer son mode de vie car le gaspillage est un luxe. Ses actions à travers la coopérative ont permis un monde plus sécuritaire, plus durable. C'est un monde où la population vit en harmonie avec la nature ; un monde où aucun être humain ne mendie dans la rue ; un monde ponctué de solidarité, où les plus aisés aident les plus pauvres.
Cette société est mieux organisée : finis le chaos et les famines, finies les méthodes barbares d'élevage, les animaux sont ici respectés, leurs conditions de vie placées au centre des préoccupations, et les forêts sont préservées pour que tout le monde puisse profiter de leurs services écosystémiques.
L'activité agricole bat son plein avec des pratiques en accord avec la préservation de la biodiversité, pour fournir à chacun ce dont il a besoin. Le confort, l'éthique et la préservation de l'environnement sont en son sein, et l'égalité a retrouvé son sens originel.
Ce monde est en somme celui qui peut permettre à toute personne de jouir pleinement de sa vie, de faire disparaître ses problèmes concernant ses besoins essentiels, pour ne pas survivre, mais enfin vivre, et ce en phase avec l'environnement qui l'entoure.
Cependant, tout n'est pas si simple à mettre en pratique. Le parcours pour faire de cette société le monde auquel tout le monde aspire est semé d'embûches. En effet, des conflits apparaissent autour de l'activité agricole. Il y a des désaccords à propos de la vente des vivres entre les producteurs et les clients. Ceux travaillant le plus ou possédant des terres plus riches produisent plus et rechignent à distribuer le fruit de leur labeur sans réelle reconnaissance. Pour pouvoir soulager leur travail, ils revendiquent plus d'engrais, plus d'intrants. Seulement, la politique d'utilisation d'intrants est stricte et ne le leur permet plus de les utiliser. Pendant des siècles, les producteurs étaient poussés à avoir un rendement maximal et à utiliser différents intrants et suite à divers événements la politique s'est renforcée et leur interdit désormais l'utilisation de plusieurs de ces intrants tout en continuer à poser de la pression au niveau de la production de vivres.
Un conflit d'opinion se dégage donc et ceux demandant à ce que la politique soit appliquée se voient confrontés aux producteurs. Une dynamique de dénonciation et de pénalité voit également le jour, que ce soit entre les producteurs ou de client à producteur.
Dans le même temps, de nouvelles technologies en agroalimentaire et de filtration d'eau sont produites par une entreprise et proposent une gamme de produits et techniques dite "éthique" essaye de rentrer dans le marché sans études préalable de l'effet de leurs produits sur l'homme ou l'environnement. Cette entreprise demande à être placée sur le marché en concurrence avec les actuels producteurs.
Tout ces conflits et problèmes ont menés la 153è présidence à convoquer un sommet extra ordinaire pour répondre à ces nouveaux enjeux. A l'issue de cette longue session, plusieurs décisions à l'échelle mondiale ont été prises:
Ces mesures ont plusieurs finalités parmi lesquelles figurent la fin des tensions économiques liées à la production de nourriture et le renforcement des liens sociaux entre les habitants d'un même quartier.