L’odeur est différente, presque piquante. Un mélange de terre synthétique, de compost en fermentation, et cette touche iodée que les algues dégagent sous la chaleur. Ici, sous les dômes de verre, le monde respire encore. Loin des tempêtes de poussière, des déserts stériles.

Je suis « Éco-sculpteur ». C’est ainsi qu’on nous appelle désormais, ceux qui façonnent la survie. Chaque jour, je modèle la vie, recrée des écosystèmes artificiels où rien n’est laissé au hasard. Les légumes poussent à la verticale, les plantes à fibres nourrissent les tissus organiques, et tout se recycle dans une boucle infinie.

La terre, cette terre nouvelle, ne dégage plus les parfums d’avant, mais elle reste vivante. J’ajuste les doses d’eau, sentant dans l’air cette humidité contrôlée. Mon métier est vital : je gère les écosystèmes qui nous nourrissent, nous oxygènent. Plus rien n’est « naturel », mais tout est nécessaire. Ici, je veille à chaque pousse, chaque brin. Car dans ce monde réinventé, c’est entre mes mains que s’équilibre notre futur.